Le blog de LEMAITRE Sécurité

mercredi 29 août 2007

Les USA rappellent des chaussures fabriquées en Chine

La Commission américaine de protection des consommateurs a rappelé hier 9 500 paires de chaussures à bout métallique fabriquées en Chine, craignant qu’elles ne protègent pas contre les chocs électriques, selon un communiqué publié hier. Le rappel concerne notamment un modèle des célèbres chaussures jaune vif du groupe Caterpillar, précise le communiqué également publié par le fabricant américain de chaussures, Wolverine World Wide. « Les chaussures de chantier rappelées pourraient avoir été improprement qualifiées de résistantes au courant électrique. Les consommateurs s’exposent ainsi à recevoir une décharge s’ils sont en contact avec un courant électrique », selon le communiqué commun. Les chaussures ont été vendues aux États-Unis, en pointures homme et femme, entre septembre 2006 et juillet 2007, entre 90 dollars et 130 dollars la paire. Ce rappel intervient alors que plusieurs scandales ont éclaté ces dernières semaines liés à la qualité insuffisante, voire à la dangerosité de produits exportés par la Chine : jouets, produits alimentaires et d’hygiène, pneus et autres articles.

vendredi 31 mai 2002

« Aux Ravaillac de l'industrie »

Nouvelle page 1

 

POINT DE VUE « Aux Ravaillac de l'industrie » Par Jean-Michel Heckel

PDG des Établissements Lemaître Sécurité à La Walck-Pfaffenhoffen, Jean-Michel Heckel a lui-même dû délocaliser certaines productions pour que son entreprise survive. Pour autant, il ne partage pas les théories d'une mondialisation qui conduirait à une nouvelle division internationale du travail. Au contraire, il adjure les pouvoirs publics de créer les conditions nécessaires au maintien d'entreprises manufacturières en Europe.

La mondialisation de l'économie et de l'industrie en particulier, soulève aujourd'hui la tempête dans les usines : nombre de politiciens escamotent un sujet qui pourtant impacte quotidiennement la vie de millions de Français et qui conditionne leur destin. N'en déplaise à nos élites, notamment au Commissaire européen Pascal Lamy qui s'exprimait dans ces mêmes colonnes voilà quelques mois (*), tout le monde ne peut pas être gagnant dans cette redistribution planétaire du travail. « La globalisation des échanges passe par une certaine division internationale du travail (...) On fabriquera peut-être moins de T-shirt, mais plus d'Airbus et on peut y voir un certain progrès », disait M. Lamy. Mais en mesure-t-il réellement les conséquences, et avec lui tous ces hommes politiques qui organisent la Saint Barthélemy économique de nombreux métiers.

T-shirt contre Airbus : un marché de dupes

Au produit fabriqué aujourd'hui en France, supportant tous les prélèvements obligatoires, se substituera demain un autre, en provenance d'un pays réputé en voie de développement, réalisé à des coûts nettement inférieurs, ce qui signera la mort du produit français et de l'entreprise qui le fabrique. En d'autres termes, le monde politique reconnaît, voire encourage la fermeture d'entreprises sur le territoire français et accepte que leurs activités soient confiées à d'autres industriels installés dans d'autres pays. Soit... Mais par la même, nos élites bradent ouvertement et sans vergogne des pans entiers de l'industrie. Il s'agit d'un « fascisme économique ». Qu'on ne s'y trompe pas, il n'y a pas que les fabricants de T-shirt qui soient menacés, des milliers de produits manufacturés sont concernés, voire certains services. Et nul n'est épargné, pas même celui qui occupe une fonction administrative. En effet, comment les traitements des fonctionnaires seront-ils assurés ? Ces métiers qui vont disparaître de France et d'Europe contribuent encore pour l'instant, par le biais des prélèvements obligatoires, à pérenniser la fonction publique. Est-ce la seule fabrication des Airbus qui fera vivre nos fonctionnaires et assureront le train de vie de la France ?

Prélèvements : qui paiera ?

Comment nos retraites seront-elles payées puisque les produits concernés, désormais importés, ne sont pas taxés et ne contribueront pas à alimenter les caisses de l'État en général ? Bien sûr, il y aura des sociétés à forte valeur technologique, mais elles ne compenseront jamais celles qui vont mourir ou s'expatrier et se délocaliser pour survivre. Le prix de revient des produits manufacturés des sociétés dites à forte valeur technologique, évoluera à la hausse, d'une façon considérable, et à leur tour, ces entreprises perdront leur compétitivité car elles auront à leur charge, tout le fardeau des prélèvements. Pour mémoire, Airbus est concurrencé par Boeing et ses marges de
manoeuvre sont extrêmement faibles. En outre, les sociétés traditionnelles, disparues de France et d'Europe, à la suite d'un libéralisme exacerbé continueront à engendrer du chômage. Par qui seront payées les allocations ? Forcément par le solde des entreprises résiduelles se trouvant encore en France et donc par Airbus aussi. Les entreprises se trouvant encore en France pourront-elles assumer ce coût ? La réponse est probablement non.

Incohérences

Autre incohérence : le "laisser-faire" actuel provoque le départ de France des entreprises qui ne sont pas élues pour subsister en Europe de l'ouest. Or, paradoxalement, l'administration française oeuvre à contre courant, afin d'empêcher ces industries de quitter le sol français. Exemple, l'autorisation administrative de licenciement. Bref, il y a là un dilemme qui se solde par des catastrophes sociales et l'avènement de courant de pensées totalitaires. Parallèlement, des aides en faveur des pays en voie de développement sont décidées afin de maintenir les étrangers dans leur pays d'origine et d'éviter les flux migratoires du sud vers le nord et de l'est vers l'ouest. L'intention est louable, mais-de grâce !- qu'on pense aussi aux gens qui voudraient vivre et rester en France ».


J.-M. H.


(*) DNA du 7.12. 2001. M. Heckel vient d'adresser une lettre ouverte au Commissaire européen qui reprend et développe les arguments présentés dans ce point de vue.

© Dernières Nouvelles d'Alsace, Vendredi 31 Mai 2002.