Le coroner veut un meilleur encadrement pour les coopérants :

Le coroner Luc Malouin a appelé hier à un meilleur encadrement des stagiaires au cours d’un travail humanitaire à l’étranger dans son rapport sur un jeune coopérant de Cap-Rouge décédé en 2004 en République dominicaine.

François-Jacques Roussin, 18 ans, faisait partie d’un groupe de six étudiants du Collège St. Lawrence qui effectuait un stage de travail humanitaire en association avec le Plan Nagua. Il est décédé après avoir été écrasé sous le mur d’une école qui s’est effondrée sur lui.

«Les travaux communautaires et humanitaires sont devenus des travaux de construction. Le jour de l’incident, les stagiaires devaient monter des seaux d’eau et de sable sur le toit de l’école où des maçons préparaient le mortier et l’étendaient sur le toit», explique le coroner dans son rapport.

Il a souligné que les stagiaires n’avaient aucune formation ni compétence dans le domaine et qu’ils effectuaient des travaux dans un endroit où les normes et les règles de sécurité sont laissées à la supervision d’organismes étrangers.

Même s’il croit impensable de fournir à des stagiaires comme François-Jacques Roussin un encadrement sécuritaire comme au Québec, Me Malouin croit essentiel que l’organisme qui supervise les stages mette en place de bons mécanismes en cas d’urgence majeure.

Il estime également que ces organismes devraient s’assurer de confier aux stagiaires des tâches qu’il leur est permis d’effectuer au Québec en plus de leur offrir un encadrement et une formation en relation directe avec les travaux à effectuer.

Frustration

Hier, la sœur du défunt, Myralie Roussin, confiait qu’elle était heureuse d’avoir enfin reçu le rapport du coroner, mais aussi frustrée, car la mort de François-Jacques aurait pu être évitée.

«Ça confirme ce qu’on prétend depuis le début. Mon frère n’avait pas de formation en construction et ne portait ni casque, ni chaussures de sécurité. Il n’y avait aucun ingénieur sur place et la personne qui supervisait les travaux n’était pas apte à le faire», explique-t-elle.

«Les stagiaires en coopération internationale veulent changer le monde à leur manière, mais se retrouvent à faire des travaux qu’ils n’auraient pas le droit de faire au Québec. Tout ça devrait être mieux encadré», conclut celle qui, avec son père, sa mère et sa sœur aînée, a déposé une poursuite de 690 000 $ contre les organisateurs du stage.

Ian Bussières Le Soleil QuébecLe mercredi 14 novembre 2007 http://www.cyberpresse.ca/article/20071114/CPSOLEIL/71113231/6584/CPSOLEIL